I. Préambule
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
La présente fatwa est émise en réponse à une question soumise par le frère Abdelhamid M., commerçant, résidant à Lyon (France). Le Conseil salue la profondeur théologique de cette interrogation, et déplore qu'elle n'ait pas été posée plus tôt, notamment lors des étés 2022 et 2023, qui auraient pu bénéficier d'un encadrement juridique approprié.
II. Analyse jurisprudentielle
II.1 De la chaleur comme volonté divine
Il est établi, selon les textes et la raison, qu'Allah est le Créateur de toutes choses, y compris les conditions météorologiques, les masses d'air chaud, les anticyclones, et la canicule de juillet. Toute chaleur est donc une chaleur voulue, mesurée, et déposée par Allah sur Ses serviteurs avec une intention que nous ne saurions pleinement saisir, mais qui tourne généralement autour de 38°C dans le sud de la France.
II.2 Du ventilateur comme instrument de rébellion atmosphérique
Le ventilateur, en tant qu'appareil générant un flux d'air artificiel, procède d'une logique de redistribution non consentie de la chaleur ambiante. En refroidissant localement la surface cutanée du croyant, il contrevient à la température qu'Allah a jugé opportun d'établir en ce lieu et en ce moment.
Le Conseil a longuement débattu pour savoir si le vent naturel posait le même problème. Après trois heures de discussion, il a été conclu que le vent naturel est lui-même voulu par Allah et constitue donc une forme de climatisation halal. Le ventilateur électrique fonctionne sur décision humaine unilatérale, ce qui constitue une présomption météorologique caractérisée.
II.3 Des précédents historiques
Le Conseil note qu'aucun des Compagnons du Prophète (paix et bénédictions sur lui) ne possédait de ventilateur. Certains membres ont estimé que cela suffisait à établir l'interdiction. D'autres ont fait remarquer que les Compagnons ne possédaient pas non plus de réfrigérateur, de chaussures de running, ni de compte Instagram, sans que cela ait jamais été tranché de manière définitive. Ce débat est en cours depuis le IXe siècle sous des formes variables.
II.4 De la fonction oscillante
La fonction oscillante mérite un traitement séparé. En permettant au flux d'air de se déplacer de gauche à droite et de droite à gauche de manière mécanique, elle introduit une dimension de perturbation atmosphérique rythmique qui aggrave le degré d'ingérence dans l'ordre climatique voulu. Le Conseil considère que la fonction oscillante constitue une circonstance aggravante et fera l'objet d'une fatwa complémentaire (réf. 2024-VENT-0048, en cours de rédaction).
III. Avis du Conseil
Adopté à la majorité de 6 voix contre 1 (le membre dissident estimait qu'il faisait trop chaud pour délibérer et a demandé à ouvrir une fenêtre, ce qui a relancé le débat pour deux heures supplémentaires) :
Article 1. L'utilisation d'un ventilateur électrique est fortement déconseillée (makruh prononcé, tendant vers haram par temps de canicule).
Article 2. Le croyant qui transpire abondamment est invité à considérer cette transpiration comme une purification spirituelle. La transpiration est halal. Elle est même, dans certaines lectures, recommandée.
Article 3. Si le croyant ne peut résister, il lui est conseillé de formuler intérieurement une intention (niyya) précisant qu'il ne cherche pas à contredire Allah, mais simplement à « redistribuer localement et provisoirement » la chaleur. Le Conseil n'est pas entièrement convaincu que cela suffise, mais admet que c'est mieux que rien.
Article 4. Le ventilateur réglé sur la vitesse minimale est moins répréhensible que celui réglé sur la vitesse maximale, qui constitue une opposition frontale et bruyante à la volonté divine.
Article 5. La climatisation fait l'objet d'une fatwa distincte (réf. 2024-CLIM-0012), dont la rédaction a nécessité l'installation d'un climatiseur dans la salle de délibération, ce qui n'a pas manqué de soulever une question d'ordre procédural.
IV. Recommandation finale
Le Conseil recommande au frère Abdelhamid de s'en remettre à Allah, de s'hydrater correctement, et de consulter la météo avant toute acquisition d'appareil électroménager à vocation thermique.
Il rappelle par ailleurs que le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit : « La simplicité est une branche de la foi. » Il n'a en revanche rien dit de précis sur les ventilateurs, lacune que le présent Conseil s'emploie à combler avec le sérieux qui s'impose.
Conflits d'intérêts : Les membres déclarent n'avoir aucun lien d'intérêt avec l'industrie de la bougie, du ventilateur, ou du soin des brûlures.
Note finale : Le sceau du Conseil apposé sur la présente fatwa a légèrement fondu en raison de la chaleur ambiante. Le Conseil y voit un signe.