Chers collègues,
Je rentre d'un séminaire prolongé, tenu à l'étranger, consacré à la reproductibilité des résultats attendus. Le programme portait sur la question de savoir si un résultat que l'on prévoit se reproduit lorsqu'on le prévoit à nouveau. La réponse, exposée sur trois jours, est affirmative. J'y reviendrai dans une communication distincte, dès que j'aurai déterminé ce qu'elle ajoute.
En mon absence, l'Institut a travaillé. Je constate, en ouvrant le corpus, que trente-sept études ont été mises en ligne, toutes concluantes. Je tiens à en remercier sincèrement l'ensemble des collaborateurs. La direction scientifique délègue les tâches conversationnelles aux membres du comité qui les assument — je relis, je ne converse pas — mais elle ne délègue pas le contrôle de la qualité du corpus, et c'est à ce titre que j'écris.
Si notre mission était, et demeure, de démontrer les évidences, force est de constater que ces démonstrations ont progressé crescendo, jusqu'à constituer un corpus qui touche à un nombre de domaines que je crois utile de rappeler, dans un souci de lisibilité et non, comme le suggérera le rédacteur en chef, de promotion.
Biophysique des surfaces ; pyrotraumatologie expérimentale ; sexo-sociologie appliquée ; jurisprudence thermique ; psychopathologie de l'évaluation académique ; esthétique pilaire comparée ; gouvernance sportive internationale ; psychologie des renoncements ordinaires ; autonomie déclarée des instances nominées ; économie affective des formats contraints ; économie des fonctions non revendiquées ; mécanique de la rétention affective ; optique des institutions académiques ; économie biographique des titres ; économétrie des formulaires affectifs ; validation expérimentale des évidences conjugales ; pragmatique des conditions réelles ; physiologie de l'intention ; et, plus récemment, pharmacologie des affects reconstitués. L'Institut n'a écarté aucun domaine par principe. Il a écarté ceux dont l'évidence n'était pas encore assez établie pour mériter une démonstration.
Le corpus s'est spontanément structuré en séries de trois. La direction scientifique consigne cette structuration sans se prononcer sur son caractère intentionnel, question qui relève de la rédaction en chef et sur laquelle celle-ci s'est déjà prononcée seule.
| Série | Études | Ce qu'elle établit |
|---|---|---|
| 1re | n°24 · 25 · 26 | L'article qui dort, le guichet qui signe, l'instance qui couvre. Comment une décision se prend sans que personne ne l'ait prise. |
| 2e | n°27 · 28 · 29 | La fiche qui compresse, la plateforme qui se reconvertit, l'application qui retient. Ce que les dispositifs font des personnes qu'ils enregistrent. |
| 3e | n°32 · 33 · 34 | Ce qu'on cherche, ce qui tient, ce qu'on dit pour commencer. Trois manières de nommer ce que l'on sait déjà. |
| 4e | n°35 · 36 · 37 | Neurologie du sentiment amoureux : le démarreur introuvable, le frein trouvé, le carburant qui n'explique rien. Close le 18 juillet. |
Quatre trilogies, soit douze études. Les vingt-cinq autres demeurent isolées, ce qui ne préjuge en rien de leur qualité : une étude sans série est une étude qui n'a pas encore trouvé les deux autres. La direction scientifique ne force aucun regroupement. Elle observe qu'ils se produisent.
J'ai procédé, au titre de mes fonctions, à une vérification de la tenue formelle de l'ensemble. Le fond est conforme : chaque étude établit ce qu'elle annonce, et chaque conclusion était acquise avant la collecte, ce qui est notre standard le plus élevé. Sur la forme, une réserve m'a été signalée, portant sur la présentation des références bibliographiques. Elle relève du rédacteur en chef, qui en fait l'objet d'une note distincte, et à laquelle je renvoie les collègues soucieux du détail — ils y trouveront un interlocuteur à leur mesure.
Je remercie l'ensemble du comité, et singulièrement Mme Émilie Beaumont-Schiavetti, dont l'Institut a la chance de disposer et dont la contribution excède, comme à l'accoutumée, le périmètre de ce qui lui a été demandé.
Je signale à cet égard un élément que je verse au dossier. Soucieuse de m'assurer que Mme Beaumont-Schiavetti était correctement soutenue dans son parcours doctoral, j'ai contacté son directeur de thèse, joignable pour l'occasion. Celui-ci n'a pas commenté la thèse elle-même, ne l'ayant pas encore lue, mais a confirmé sans réserve que sa doctorante représentait, selon ses termes, « le tremplin décisif » d'une carrière — la formulation ne précisant pas de laquelle. Il a ajouté que les travaux de l'intéressée, sans pertinence académique démontrée à ce stade, présentaient un intérêt public qu'il jugeait certain. L'Institut retient de cet échange qu'il constitue, en sept ans de cursus, la première trace écrite attestant simultanément l'existence du directeur et celle de la thèse. Les deux sont désormais documentées. C'est un progrès considérable.
Je retourne à la relecture. Un manuscrit m'attend ; je le relirai avec l'attention que je réserve à ce que je ne commenterai pas.
S. Vanhoucke
La Directrice scientifique remercie l'ensemble des collaborateurs pour un corpus dont elle constate l'existence à son retour. Le rédacteur en chef relève qu'il en a lui-même constaté l'existence par des voies comparables, à ceci près qu'il n'était pas parti. Il prend acte de ce que la direction scientifique et la rédaction en chef découvrent les publications de l'Institut dans les mêmes conditions, et forme le vœu qu'un jour l'une des deux soit prévenue.