Un clinicien du Hainaut définit l'anxiété comme une projection vers l'avenir dans des scénarios exclusivement négatifs — sans le mot « négatifs », la même opération s'appelle la pensée positive et ne pousse la porte d'aucune consultation. Quatre-vingt-quatre adultes à anxiété-trait élevée ont tenu vingt-huit jours un carnet à trois colonnes : le scénario, la gravité anticipée, ce qui est vraiment arrivé. Sur 3 187 catastrophes consignées, 217 sont survenues — 6,8 %, pour une probabilité estimée de 58 % : une surestimation d'un facteur huit et demi. Et quand le scénario survient, il est moins pire que prévu dans 86 % des cas. Les intrusions poussent sur les mauvaises nuits (+64 %), et le mantra du correspondant — « fais comme si tout allait bien se terminer » — n'a rien changé aux faits, mais a réduit les intrusions avant même que la preuve n'arrive. Le carnet fournit la preuve ; le mantra la rend portative. Et la colonne trois, presque vide, est le résultat.