1. Introduction
Il existe une phrase que l'on entend partout et que personne n'a mesurée : les écrans rendent malheureux. Elle se décline selon les auditoires — les jeunes ne se parlent plus, les téléphones ont tué la conversation, une génération entière regarde ses genoux — et elle possède une propriété remarquable : elle est simultanément invérifiable et unanimement admise.
L'Institut a souhaité la tester. Non par scepticisme, mais par une forme d'hygiène : une proposition à ce point consensuelle mérite qu'on regarde ce qu'elle contient. L'expérience du corpus enseigne d'ailleurs que les évidences les plus solidement établies sont celles que nul n'a jamais mises à l'épreuve, précisément parce qu'elles paraissaient s'en dispenser.
Le protocole naïf tient en une ligne : comparer des personnes très connectées à des personnes qui ne le sont pas, et regarder qui va le mieux. Ce protocole a un défaut, et c'est le sujet réel du présent article.
1.1 Le défaut du protocole naïf
Les personnes les moins connectées ne diffèrent pas des autres seulement par leur connexion. Elles sont plus âgées. Elles ne travaillent plus, pour la plupart. Elles ont derrière elles une trajectoire complète, devant elles un horizon plus court, et elles ont cessé depuis longtemps d'être évaluées sur leur performance. Chacune de ces circonstances influence le bien-être déclaré, indépendamment de tout écran.
Autrement dit, comparer un étudiant de vingt-deux ans à un pensionné de soixante-douze revient à faire varier simultanément la connexion, l'âge, le statut d'emploi et la position dans le cycle de vie — puis à attribuer le résultat à la première de ces variables au motif qu'elle nous intéresse. C'est une opération courante. Ce n'est pas une opération valide.
Le problème porte un nom : la variable confondue. Deux facteurs se déplacent ensemble, on n'en observe qu'un, et on lui impute l'effet des deux. L'Institut a déjà rencontré cette configuration à l'Étude n°41, où un défaut d'échantillonnage menaçait d'invalider l'analyse principale, et il en a conservé une prudence méthodologique qu'il tient pour l'un de ses rares acquis.
Une variable confondue est un facteur qui varie en même temps que celui qu'on étudie, et qui agit sur le résultat par sa propre voie. Si l'on compare des groupes qui diffèrent par deux choses à la fois, aucun écart observé ne peut être attribué à l'une plutôt qu'à l'autre. L'analyse ne dira pas laquelle des deux a agi ; elle dira seulement qu'il s'est passé quelque chose.
La parade classique consiste à comparer des personnes semblables sur la variable gênante et différentes sur celle qui intéresse. Ici : des pensionnés entre eux, les uns connectés, les autres non. L'âge cesse alors de varier, et ce qui reste peut légitimement être rapporté à la connexion.
Je note que cette précaution est élémentaire et qu'elle figure dans tous les manuels. Je note également qu'elle est omise dans la majorité des commentaires publics sur le sujet, y compris ceux qui invoquent les données.
1.2 Ce que la présente étude cherche
L'étude ne cherche pas à établir que les écrans nuisent, ni qu'ils sont inoffensifs. Elle cherche à déterminer si un écart de bien-être subsiste entre connectés et déconnectés lorsque l'âge ne varie plus, et, dans l'affirmative, à identifier par quelle voie il opère.
Elle poursuit accessoirement un objectif descriptif : établir la composition réelle du parc d'équipements selon les générations. Ce second volet a produit le résultat le plus contre-intuitif de l'ensemble, et il ne concerne pas le bien-être.
2. Méthode
2.1 Quatre cohortes
Le recrutement a été conduit dans quatre bassins de population distincts, sur une base volontaire, entre janvier et mai 2026. Les quatre groupes ne remplissent pas la même fonction dans le dispositif, et il importe de le préciser d'emblée : deux d'entre eux servent au test principal, les deux autres à la description.
| Groupe | n | Définition | Fonction |
|---|---|---|---|
| A | 407 | 18–27 ans, hyperconnectés | Descriptive |
| B | 502 | 28–64 ans, tout-venant | Référence médiane |
| C | 281 | Pensionnés connectés | Test principal |
| D | 119 | Pensionnés déconnectés | Test principal |
Le groupe A devait satisfaire trois conditions cumulatives : posséder un téléphone intelligent, disposer d'une connexion Internet à domicile, et détenir au moins un compte actif sur un réseau social. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la population sollicitée remplissait ces critères, ce qui a considérablement simplifié le recrutement et légèrement inquiété les auteurs.
Le groupe D devait être pensionné et ne détenir aucun compte sur un réseau social, quel qu'il soit. Trente pour cent de la population pensionnée sollicitée remplissait ce critère. Cette proportion décroît régulièrement avec l'âge du répondant : elle est de dix-neuf pour cent chez les jeunes pensionnés et atteint quarante-huit pour cent au-delà de quatre-vingts ans.
Le groupe C réunit les soixante-dix pour cent restants : des pensionnés du même âge, du même bassin, détenteurs d'au moins un compte. C'est ce groupe qui rend l'étude interprétable, et c'est celui que les protocoles usuels omettent.
Quatre personnes sollicitées pour le groupe A ont demandé à recevoir le questionnaire sur papier, par voie postale, au motif qu'elles préféraient réfléchir sans écran. Cette demande les rendait inéligibles à une étude portant sur l'équipement numérique, et elles ont été écartées du corpus.
L'Institut relève que ce refus constitue en soi une donnée. Il n'est pas parvenu à déterminer laquelle. Les quatre questionnaires papier ont été conservés dans une chemise cartonnée, à laquelle le Comité d'Éthique a attribué le statut de « matériel non exploitable mais moralement significatif ».
2.2 Instruments
Trois instruments ont été administrés. Le premier est repris du corpus de l'Institut ; les deux autres ont été développés pour la présente étude.
L'Échelle de Bien-Être Général en douze items (EBEG-12) provient de l'Étude n°42. Format Likert en cinq points, items inversés compris, score total de 12 à 60. Sa cohérence interne y avait été établie à α = 0,86. Il s'agit de la première réutilisation d'un instrument de l'Institut dans une étude ultérieure, circonstance que le Comité de lecture a qualifiée de « satisfaisante » — appréciation dont l'intensité est sans précédent dans les archives.
L'Indice de Diversité du Parc Domestique (IDPD-4) recense la possession de quatre catégories d'appareils : téléphone intelligent, micro-ordinateur, tablette, téléviseur connecté. Le score va de 0 à 4 et mesure l'étendue de l'équipement, non son usage. Cette distinction s'est révélée décisive.
L'Indice de Lien Social Hors ligne (ILSH-8) mesure la densité du lien social non médié par un écran : fréquence des visites reçues et rendues, participation à une activité collective régulière, existence d'au moins une personne joignable sans rendez-vous, repas partagés hebdomadaires. Huit items, score de 0 à 20, α = 0,81. L'échelle exclut explicitement tout contact médié par un dispositif, y compris téléphonique, afin de ne pas mesurer par un autre chemin la variable qu'elle est censée contrôler.
3. Le parc d'équipements
Ce volet est descriptif et sans lien avec le bien-être. Il produit néanmoins le résultat que les auteurs n'avaient pas anticipé.
| Groupe | Téléphone | Micro-ordinateur | Tablette | Téléviseur | IDPD-4 |
|---|---|---|---|---|---|
| A — 18–27 ans | 100 % | 54 % | 71 % | 39 % | 2,64 |
| B — 28–64 ans | 98 % | 87 % | 63 % | 82 % | 3,30 |
| C — pensionnés connectés | 96 % | 61 % | 44 % | 91 % | 2,92 |
| D — pensionnés déconnectés | 88 % | 34 % | 22 % | 94 % | 2,38 |
3.1 La courbe en cloche du micro-ordinateur
Le taux de possession d'un micro-ordinateur s'établit à 54 % chez les 18–27 ans, culmine à 87 % chez les 28–64 ans, redescend à 61 % chez les pensionnés connectés et à 34 % chez les pensionnés déconnectés. La courbe est en cloche, avec un creux aux deux extrémités.
Ce résultat contredit la représentation ordinaire selon laquelle l'équipement informatique décroîtrait régulièrement avec l'âge. Il la contredit par le haut de la pyramide comme par le bas, et pour des raisons entièrement différentes à chaque extrémité.
Les pensionnés possèdent peu de micro-ordinateurs parce qu'ils n'en ont jamais acquis l'usage professionnel, ou l'ont perdu avec la cessation d'activité. Les jeunes adultes en possèdent peu parce qu'ils n'en ont jamais eu besoin : nés avec une tablette et un téléphone, ils ont accompli sur ces supports l'ensemble des tâches pour lesquelles la génération précédente jugeait un clavier indispensable. La cohorte médiane, prise entre une vie professionnelle informatisée et une jeunesse antérieure au téléphone intelligent, cumule les deux équipements.
Le micro-ordinateur n'est pas un marqueur d'âge. C'est un marqueur de génération professionnelle.
Étude n°45 — Institut du Constat FondamentalLes trois autres appareils suivent, eux, des pentes régulières. Le téléviseur croît avec l'âge sans exception (39 % à 94 %). La tablette décroît (71 % à 22 %). Le téléphone intelligent est quasi universel partout, y compris chez les pensionnés déconnectés, qui en possèdent un dans 88 % des cas — non par adhésion, mais parce que l'offre commerciale n'en propose plus guère d'autre. Plusieurs répondants de ce groupe ont précisé posséder l'appareil sans l'utiliser autrement que pour téléphoner, ce qui constitue, du point de vue de l'indice, une possession complète.
L'IDPD-4 lui-même n'a prédit aucune variation du bien-être, dans aucun des quatre groupes (r = 0,04 ; p = 0,21). Le nombre d'appareils détenus est sans rapport avec l'état de la personne qui les détient. L'instrument mesure ce qu'on possède ; il ne mesure pas ce qu'on en fait, ni ce que cela remplace.
4. Résultats principaux
4.1 Le bien-être selon les quatre cohortes
| Groupe | n | EBEG-12 (moy. / 60) | Écart-type | ILSH-8 (moy. / 20) |
|---|---|---|---|---|
| A — 18–27 ans, hyperconnectés | 407 | 38,6 | 8,9 | 10,2 |
| B — 28–64 ans, référence | 502 | 41,3 | 8,4 | 10,9 |
| C — pensionnés connectés | 281 | 40,8 | 7,3 | 11,6 |
| D — pensionnés déconnectés | 119 | 43,9 | 7,1 | 13,1 |
Les groupes A et B sont rapportés pour information et ne fondent aucune conclusion. Leur écart avec les pensionnés cumule trop de sources pour être attribué à quoi que ce soit : il indique seulement que les cohortes ne se ressemblent pas, ce qui n'est pas une découverte.
4.2 Le test principal : pensionnés connectés contre déconnectés
À âge égal, à statut égal, dans les mêmes bassins de population, l'écart est réel. Les pensionnés déconnectés obtiennent 43,9 sur l'EBEG-12, les pensionnés connectés 40,8. Trois points et un dixième de différence, sur une échelle qui en compte quarante-huit d'amplitude.
t = 3,85 ; df = 222 ; p < 0,001 ; d de Cohen = 0,42.
Le résultat est significatif et l'effet est d'ampleur modérée. Il va exactement dans le sens que la rumeur publique lui prêtait : les moins connectés déclarent aller mieux. À ce stade de l'analyse, l'Institut disposait d'un titre, d'une conclusion et d'un communiqué.
4.3 Ce qui se produit quand on ajoute une seule variable
Les auteurs ont introduit dans le modèle l'Indice de Lien Social Hors ligne, mesuré indépendamment. Une régression linéaire multiple a été estimée sur les 400 pensionnés, avec le bien-être en variable expliquée, le statut de déconnexion et le lien social en prédicteurs.
| Prédicteur | Coefficient b | Erreur-type | t | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Déconnexion (0/1) | 1,15 | 0,63 | 1,83 | Non significatif (p = 0,07) |
| Lien social hors ligne | 1,28 | 0,08 | 15,95 | p < 0,001 |
L'écart de trois points ne disparaît pas : il change d'adresse. Une fois le lien social hors ligne pris en compte, le statut de connexion ne contribue plus significativement à l'explication du bien-être. Le lien social, lui, y contribue massivement — chaque point gagné sur l'ILSH-8 correspond à 1,28 point d'EBEG-12, et la corrélation simple entre les deux atteint r = 0,64.
Les pensionnés déconnectés ne vont pas mieux parce qu'ils sont déconnectés. Ils vont mieux parce qu'ils reçoivent davantage de visites, partagent davantage de repas, et disposent plus souvent d'une personne joignable sans rendez-vous. Leur score moyen de lien social s'établit à 13,1 contre 11,6 chez les pensionnés connectés — et c'est cet écart-là, non celui des écrans, qui porte l'effet.
L'écran ne creuse pas le vide. Il en épouse la forme.
Étude n°45 — Institut du Constat FondamentalLa lecture causale inverse demeure ouverte, et les auteurs tiennent à la formuler explicitement : il est possible que la faiblesse du lien social conduise à la connexion, plutôt que l'inverse. Une personne dont l'entourage s'est raréfié dispose de plus de temps disponible et de moins d'occasions de le remplir hors ligne. Le protocole transversal employé ici ne permet pas de trancher, et les auteurs ne le prétendent pas.
Je souhaite préciser ce que signifie exactement un coefficient devenu non significatif. Il ne signifie pas que l'effet est nul. Il signifie que les données recueillies ne permettent pas de le distinguer du zéro avec le degré de confiance habituellement exigé. Avec p = 0,07, un effet résiduel de la connexion demeure plausible ; il est simplement trop faible pour être établi sur cet échantillon.
La conclusion correcte n'est donc pas « la connexion n'a aucun effet ». Elle est : « l'essentiel de l'écart observé s'explique par le lien social, et ce qui reste ne peut être ni affirmé ni écarté ». Cette formulation est moins satisfaisante que la précédente. Elle est en revanche exacte.
Je signale par ailleurs que la variance expliquée par le modèle complet atteint 42 %. Il en reste donc 58 % que nous n'expliquons pas, proportion que je juge digne d'être mentionnée avant que quiconque ne cite cette étude.
5. Discussion
Le titre de la présente étude annonce une innocentation. Le terme est judiciaire, et il a été retenu pour sa précision plutôt que pour son élégance : l'hyperconnexion sort de cette analyse non pas blanchie, mais insuffisamment chargée.
La distinction importe. Une variable disculpée serait une variable dont on aurait établi l'innocuité ; ce n'est pas le cas ici. L'hyperconnexion est une variable dont on a montré qu'elle covariait avec le bien-être par l'intermédiaire d'autre chose, et que ce quelque chose — la densité du lien social hors ligne — suffisait à rendre compte de l'écart observé.
Cette conclusion rejoint deux résultats antérieurs du corpus. L'Étude n°39 avait établi que la solitude fonctionne comme un stresseur métabolique et non comme un simple état d'âme. L'Étude n°40 avait décrit les sources non commerciales du lien et leur rareté croissante. La présente étude en fournit le corollaire numérique : lorsque le lien hors ligne se raréfie, l'écran occupe l'espace laissé libre, et il est ensuite tenu pour responsable de l'avoir occupé.
Le résultat n'autorise donc ni le soulagement ni l'alarme. Il déplace la question. Demander si les écrans nuisent revient à demander si un thermomètre réchauffe la pièce. La réponse est probablement non, ce qui ne dit rien de la température.
5.1 Ce que l'étude ne dit pas
Elle ne dit pas que l'usage des écrans est sans conséquence. Elle mesure l'équipement et le statut de connexion, non l'intensité, le contenu ni le moment de l'usage. Une personne connectée quatorze heures par jour et une personne détenant un compte inactif figurent dans le même groupe. Cette grossièreté de mesure est délibérée — elle correspond au critère public dont l'étude voulait tester la validité — mais elle interdit toute conclusion sur les usages intensifs.
Elle ne dit pas non plus que les jeunes adultes vont mal à cause de leurs téléphones. Le groupe A obtient le score de bien-être le plus bas de l'échantillon, mais cette observation n'est pas interprétable : elle cumule l'âge, la position professionnelle, la précarité et la connexion en une seule différence, et l'article s'est construit précisément contre ce type d'inférence. L'Institut se refuse à commettre dans sa conclusion l'erreur qu'il dénonce dans son introduction.
6. Limites
La première limite est causale et vient d'être exposée. Le protocole est transversal : il observe des associations à un instant donné. Ni le sens de la relation entre lien social et connexion, ni l'existence d'un troisième facteur agissant sur les deux, ne peuvent être établis. Un protocole longitudinal, suivant les mêmes personnes sur plusieurs années, serait nécessaire. L'Institut n'en dispose pas et ne prétend pas y suppléer par la conviction.
La deuxième limite tient au recrutement du groupe D. Les pensionnés sans compte sur un réseau social ont été atteints par voie associative, paroissiale et municipale — c'est-à-dire par des canaux qui supposent une insertion collective préalable. Il est donc possible que ce groupe surreprésente les personnes socialement entourées, et que les pensionnés déconnectés et isolés soient précisément ceux que la méthode de recrutement ne pouvait pas atteindre. Cette limite affecte la magnitude de l'effet observé, non sa direction, mais elle est sérieuse et les auteurs ne l'ont identifiée qu'après la collecte.
La troisième limite est déclarative. Le bien-être, le lien social et l'équipement sont tous rapportés par les participants eux-mêmes. Aucun n'a été observé. Les travaux disponibles suggèrent que la déclaration du lien social est sensible à l'état affectif du moment : une personne qui va mal sous-estime son entourage. Une partie de la corrélation de 0,64 pourrait donc refléter une disposition commune à évaluer favorablement sa vie plutôt qu'une relation entre deux réalités distinctes.
La quatrième limite est de portée. L'échantillon est québécois, volontaire et urbain à 71 %. La composition du parc d'équipements, en particulier, est étroitement dépendante du marché local et de la période. La courbe en cloche du micro-ordinateur observée ici pourrait ne pas se retrouver ailleurs, ni dans cinq ans.
7. Conclusion
Les personnes les moins connectées de cet échantillon déclarent un bien-être supérieur. L'observation est solide et elle correspond à ce que l'on en attendait.
Elle ne survit pas à l'introduction d'une variable unique. Ce que mesurait l'écart n'était pas la connexion, mais la présence — celle de gens qui viennent, de repas partagés, d'une personne qu'on peut joindre sans prévenir. Le téléphone n'était pas la cause ; il était ce qui restait quand le reste avait diminué.
L'Institut inscrit ce résultat au titre des évidences requalifiées, catégorie de son corpus réservée aux propositions vraies dont le motif était faux. Il note que cette catégorie est sa plus fournie, et qu'elle continue de croître.
Financement. Aucun. Le questionnaire papier des quatre participants écartés a été affranchi aux frais du premier auteur, qui n'en demande pas le remboursement.
Conflits d'intérêts. Un membre de l'équipe de recherche exerce par ailleurs la profession de footballeur professionnel, ce qui n'est pas incompatible avec l'activité de recherche. Il a demandé le retrait du corpus d'un témoignage qu'il jugeait discriminant à l'égard des amateurs de football. Sa demande a été accueillie1.
Approbation éthique. Le Comité d'Éthique de l'Institut n'a pas répondu à la demande de soumission, ce qui vaut approbation selon les statuts.
Note de la rédaction. Le Prof. Parmentier a pris connaissance des résultats par sa belle-sœur, pensionnée, laquelle figure dans le groupe C et souhaitait savoir si elle avait « bien répondu ». Il a fait observer qu'aucun protocole ne prévoyait de bonne réponse, puis a demandé si le groupe D obtenait de meilleurs scores. Informé que oui, il a demandé si cela subsistait après contrôle. Informé que non, il a jugé l'étude « acceptable, ce qui n'est pas un compliment ».
Remerciements. Aux quatre cents pensionnés qui ont accepté de recevoir un chercheur chez eux, dont une majorité a proposé du café et dont une minorité a accepté que l'entretien se termine à l'heure prévue.
1 Le témoignage retiré est le suivant, recueilli auprès d'une participante du groupe D lors de l'entretien complémentaire : « Mon mari regarde des documentaires sur les chaînes culturelles. Et pendant ce temps, moi, je lis. Quand je le vois s'intéresser à ces choses qui l'instruisent, je me dis que j'ai de la chance : si j'avais un mari qui regarde le football, je pense que je lirais davantage ! » L'Institut précise que la participante rapportait par ailleurs regarder régulièrement ces documentaires avec son époux, et qu'elle décrivait cette configuration comme satisfaisante. Le retrait a été prononcé à la demande d'un membre de l'équipe et non sur décision du Comité de lecture, lequel avait jugé le propos spontané, dépourvu d'intention normative, et relevant de l'appréciation personnelle que chacun conserve le droit de formuler sur les goûts de son conjoint. Le témoignage est reproduit ici afin que le lecteur puisse apprécier le motif de son retrait, procédure que l'Institut reconnaît comme partiellement contradictoire avec l'objectif poursuivi.
Références
- Bergeron, F. et Thibodeau, L. (2024). Équipement domestique et générations professionnelles : la trajectoire non linéaire du micro-ordinateur. Cahiers de Psychologie des Usages Numériques et du Lien, 1(2), 44–61.
- Institut du Constat Fondamental (2026). Le Coût de Régulation du Lien : solitude, axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et charge allostatique. Revue de Psychobiologie du Lien et des Marqueurs de l'Isolement, Étude n°39.
- Institut du Constat Fondamental (2026). Le Lien Hors Marché : sources non commerciales de la synchronie affective. Revue des Neurosciences Sociales et de la Synchronie, Étude n°40.
- Institut du Constat Fondamental (2026). La Cartographie Résidentielle : le lieu de vie comme angle mort de l'anamnèse. Revue de Psychologie Clinique et d'Évaluation, Étude n°42.
- Ouellet, M. et Nadeau, P. (2025). Mesurer le lien hors ligne : construction et validation de l'ILSH-8. Annales de Psychométrie Appliquée du Québec-Boréal, 12(3), 201–219.
- Vézina, C. (2023). Variables confondues et inférence causale dans les études sur les usages numériques : une revue critique. Revue de Méthodologie des Sciences Sociales, 38(4), 512–530.