On dit que les gens se mettent en couple parce qu'ils en ont besoin, et qu'ils en ont moins besoin quand ils gagnent leur vie. L'Institut a suivi 9 600 personnes seules pendant deux ans, dans six pays. Résultat : c'est vrai pour l'envie, c'est faux pour la suite. Ceux qui ont le moins d'argent devant eux ont le plus envie du couple, et ce sont eux qui, deux ans plus tard, vivent le moins souvent à deux. Le couple n'a pas disparu avec la liberté ; il est devenu quelque chose qu'on se paie une fois qu'on est stable. Les gens anxieux en amour veulent le plus et obtiennent le moins ; les applications de rencontre montrent l'envie, pas le résultat. Une seule chose ne regarde pas le compte en banque : la rencontre qu'on n'a pas cherchée, qui forme autant de couples chez les uns que chez les autres. Là où le couple est resté une institution — au Sénégal, au Maroc —, rien de tout cela ne se voit. Là où il est devenu libre, il est devenu cher.
1. Le point de départ
1.1 Une construction, et alors
Le couple est une construction sociale. La proposition est exacte et n'apprend rien : les mammifères se rapprochent pour se reproduire, les humains ont ajouté à ce rapprochement des institutions — le mariage, l'héritage, la transmission de ce que Bourdieu appelait le capital, culturel autant que familial —, et le couple, de l'Antiquité à nos jours, a été moins un sentiment qu'un projet. Ce qui intéresse l'Institut n'est pas que le couple soit construit ; c'est qu'il tienne encore debout alors que presque tout ce qui le tenait a été retiré. La contraception a séparé la sexualité de la procréation, et a donné aux femmes la maîtrise du calendrier ; le travail salarié des femmes a séparé le couple de la subsistance ; le droit a séparé le mariage de la durée. Chacune de ces séparations a été appelée liberté, et à juste titre. Et pourtant : en Belgique, 48 589 mariages en 2024, en hausse de 4,3 %, le nombre le plus élevé depuis le début du siècle ; en France, 247 000, en hausse de 2 % ; 35 000 cohabitations légales belges et 204 000 Pacs français par-dessus. Le modèle baisse sur le temps long, il ne pique pas du nez, et il vient de remonter. Une société qui promeut la liberté, et un modèle qui ne disparaît pas : c'est ce paradoxe-là que l'étude prend pour objet.
1.2 Ce que dit la littérature
L'hypothèse la plus simple a un nom et une date. Becker (1981) a proposé que le mariage est un gain de spécialisation : chacun apporte ce que l'autre n'a pas, et l'union vaut plus que la somme. Il en a tiré ce qu'on appelle depuis l'hypothèse d'indépendance : à mesure que les femmes gagnent leur vie, le gain de spécialisation diminue, et avec lui le besoin de se marier. C'est, formulée en économie, l'intuition que tout le monde a : plus on est autonome, moins on a « besoin » de quelqu'un — les guillemets étant de rigueur, puisque personne ne se met en couple en calculant.
L'hypothèse a eu un destin que peu de gens connaissent : elle a été testée, et elle est tombée — sur les comportements. Oppenheimer (1997) a montré que l'indépendance économique des femmes ne réduit pas leur entrée en union ; Xie, Raymo, Goyette et Thornton (2003) ont établi, sur des données longitudinales, que le potentiel économique des femmes n'a aucun effet sur leur entrée en mariage ou en cohabitation, alors que celui des hommes l'augmente fortement. Cherlin (2004) a décrit ce que le mariage est devenu quand il a cessé d'être une institution : non plus la fondation sur laquelle on construit une vie, mais le couronnement — le capstone — qu'on pose une fois la vie construite, quand les deux revenus sont là. La conséquence est un écart qui se creuse depuis quarante ans entre ceux qui se marient et ceux qui ne se marient plus, et l'écart suit le revenu et le diplôme. Edin et Kefalas (2005), qui ont passé cinq ans auprès de mères à faibles revenus, ont trouvé la pièce manquante : ces femmes valorisent le mariage plus que les autres, et elles l'ajournent parce qu'elles ne s'en sentent pas prêtes — financièrement. L'aspiration est là où l'accès n'est pas.
La littérature dit donc deux choses contradictoires, et elle a raison deux fois : le besoin diminue avec l'autonomie, et le couple augmente avec elle. Personne, à la connaissance de l'Institut, n'avait mesuré les deux sur les mêmes personnes, en même temps, dans plusieurs pays, avec un suivi. C'est ce que fait la présente étude.
Deux autres littératures y entrent. Celle de l'attachement adulte — Hazan et Shaver (1987) ont montré que les styles d'attachement décrits chez l'enfant par Bowlby et Ainsworth se retrouvent dans la manière dont les adultes aiment — et, plus récemment, celle de son croisement avec les applications de rencontre : Chin, Edelstein et Vernon (2019) trouvent que les personnes à attachement anxieux les utilisent le plus, et les évitantes le moins. Enfin celle de la rencontre : Rosenfeld, Thomas et Hausen (2019) ont établi qu'en ligne est devenu le premier mode de rencontre des couples hétérosexuels aux États-Unis, devant les amis, la famille et le travail. On rencontre de plus en plus par un dispositif, et de moins en moins par accident.
1.3 L'écho des études n°65 et n°71
L'Institut a déjà touché ce sujet par deux côtés. L'étude n°71 a établi que le couple n'a pas cessé de faire envie — 80 % des adultes, sans différence entre générations — mais qu'il a cessé d'être automatique. L'étude n°65 a décomposé ce qui arrive à la rencontre fortuite avec l'âge, et elle a laissé une règle que la présente étude hérite entière : le hasard ne se convoque pas, on ne fabrique pas un dispositif qui fait semblant de le mesurer, on le respecte comme un résidu. Ici, la rencontre est donc mesurée après coup, par ce que les gens en disent, et jamais provoquée.
1.4 La question, et les deux falsificateurs
La question tient en une phrase : l'autonomie financière réduit-elle le besoin du couple, et réduit-elle le couple ? Deux falsificateurs ont été déposés avant les données et testés en premier. « L'Indépendance » : (a) l'intérêt déclaré pour le couple diminue quand l'autonomie augmente ; (b) la formation d'un couple, deux ans plus tard, diminue aussi. Si (a) et (b) tiennent, Becker a raison et l'étude confirme le sens commun. « L'Application » : (a) l'usage des applications de rencontre croît avec l'intérêt pour le couple ; (b) il accroît la formation d'un couple. Si (b) tombe, l'application est un lieu où l'aspiration se voit, pas un lieu où elle aboutit.
Un falsificateur est une prédiction que l'étude s'engage à publier même si elle tombe. Il est déposé avant les données, testé en premier, et ses deux moitiés sont rapportées séparément. Quand la première moitié tient et la seconde tombe, le falsificateur est tombé — pas « à moitié confirmé » —, et la moitié qui tient devient un résultat à part entière, avec son propre cadrage. C'est la règle 24 de l'Institut, et elle s'applique ci-dessous aux deux.
2. Méthode
2.1 Six pays, deux régimes du couple
9 600 adultes de 25 à 55 ans, hors couple cohabitant au moment de l'inclusion, 1 600 par pays : Belgique, France, Suisse, Québec, Sénégal, Maroc. Le choix n'est pas géographique ; il est institutionnel. Dans les quatre premiers, le couple a connu ce que Cherlin appelle la désinstitutionnalisation — l'affaiblissement des normes qui dictaient quand, avec qui et pour combien de temps ; dans les deux derniers, le mariage reste, dans les faits, le cadre attendu de la vie adulte. L'étude ne hiérarchise pas ces régimes ; elle s'en sert comme de deux conditions, parce qu'un effet qui n'apparaît que dans l'un des deux dit quelque chose sur l'autre. Les deux équipes locales — Dakar, Rabat — ont conçu et traduit leurs versions des instruments, et ont relu chaque phrase de cet article qui concerne leur pays.
2.2 Trois instruments
L'IDC-16, Intérêt Déclaré pour le Couple. Seize items en accord de 1 à 5, reproduits en annexe A : avoir des enfants et fonder une famille, partager le quotidien avec une seule personne, dormir à deux, avoir quelqu'un à prévenir, être présenté, vieillir avec, mutualiser un loyer — l'item qui trahit —, et les autres. L'item sur les enfants et la famille est lesté : une réponse de 5 y vaut 10, parce que c'est le seul item du questionnaire qui engage quelqu'un qui n'existe pas encore. On rapporte la moyenne par item, de 1 à 5, pour rester lisible. Un dix-septième item, à part, mesure la fréquence d'usage des applications de rencontre, de 1 (jamais) à 5 (tous les jours).
L'EAF-12, Échelle d'Autonomie Financière. Douze items, annexe B, dont l'item central est l'horizon : « si tous vos revenus s'arrêtaient demain, combien de mois pourriez-vous tenir sans rien changer à votre logement ? » L'horizon a l'avantage de se comparer entre pays sans convertir une monnaie. Les autres items portent sur ce que l'argent permet de refuser — un emploi, un logement, une aide familiale — et sur ce qu'il permet de faire seul : déménager, et se séparer sans changer de logement. Les participants sont répartis en terciles, dans chaque pays séparément : horizon court (médiane 0,8 mois), moyen (3,5 mois), long (14 mois). L'Institut n'emploie pas d'autre mot que ceux-là pour désigner ces groupes.
Le profil d'attachement. Douze items, annexe C, qui classent chaque participant dans l'un des trois profils de Hazan et Shaver : sécure (54 %), anxieux-préoccupé (22 %), évitant (24 %) — des proportions du même ordre que celles de 1987. Un profil n'est pas un diagnostic ; il n'a été communiqué à personne.
Bowlby a observé que le petit enfant se sert de la personne qui s'occupe de lui comme d'une base : il s'en éloigne pour explorer et y revient quand il a peur. Ainsworth a montré que la manière dont il y revient n'est pas la même pour tous. L'enfant sécure proteste quand la base s'en va et se console quand elle revient. L'enfant anxieux proteste, et ne se console pas — il s'accroche et se méfie en même temps. L'enfant évitant ne proteste pas, et ne se console pas non plus, parce qu'il a appris à ne rien attendre. Hazan et Shaver (1987) ont posé une question simple : et les adultes, quand ils aiment ? Ils ont trouvé les trois mêmes profils, dans les mêmes proportions. L'adulte sécure aime sans surveiller ; l'anxieux a besoin d'être rassuré et redoute d'être quitté ; l'évitant tient à distance ce qu'il désire. Ces profils ne sont pas des cases pour la vie — ils bougent, et une bonne relation en change —, mais ils prédisent bien ce que chacun attend d'un couple : la sécurité pour l'un, la réassurance pour l'autre, la marge pour le troisième. La présente étude les utilise pour une seule chose : savoir si l'aspiration au couple a un style, et si ce style prédit l'accès.
2.3 Le suivi, et la rencontre non convoquée
Vingt-quatre mois après l'inclusion, 8 410 participants (87,6 %) ont été recontactés. On leur a demandé une seule chose d'abord : vivent-ils à deux ? Puis, à ceux qui vivaient à deux, comment ils s'étaient rencontrés — dans les catégories de Rosenfeld : en ligne, par des amis, au travail ou dans les études, dans un lieu public ou une activité, par le voisinage, la famille ou un voyage — et une question de plus, la seule qui compte ici : cette rencontre, vous l'aviez cherchée, ou elle est arrivée ? La réponse classe la rencontre en cherchée (une application, une présentation demandée, un événement fait pour cela) ou arrivée (elle n'était pas le but de l'endroit où l'on était). L'Institut n'a pas provoqué de rencontre, n'a pas demandé à qui que ce soit d'être attentif, n'a pas fait tenir de carnet : l'étude n°65 a établi qu'un hasard convoqué est un service, et qu'un hasard annoncé est un signe.
2.4 Ce que l'Institut n'a pas fait
Il n'a pas demandé aux participants s'ils resteraient avec quelqu'un si l'État leur garantissait de quoi partir. La question est bonne ; elle est aussi sans réponse possible par questionnaire, et l'Institut préfère le dire en méthode plutôt qu'en limite. Il n'a pas mesuré le revenu en monnaie — l'horizon suffit, et il ne demande à personne son salaire. Il n'a classé personne selon son sexe dans les résultats principaux, sauf là où l'écart existe, en 3.6. Il n'a communiqué aucun profil d'attachement, et aucun score, à personne.
2.5 Analyses
Corrélations entre IDC et EAF par pays ; formation à 24 mois par tercile d'horizon, par profil d'attachement, et par case croisée ; décomposition de la formation en voie cherchée et voie arrivée ; modèles de la formation avec l'économie, l'attachement et le pays, puis avec l'exposition mesurée selon la méthode de l'étude n°65 ; les deux falsificateurs testés avant tout autre calcul, leurs moitiés dans l'ordre. Le Responsable Statistiques a exigé que les terciles soient constitués dans chaque pays, et non sur l'ensemble : « un horizon de trois mois n'est pas la même chose à Genève et à Dakar, et ce n'est pas à moi de décider ce que c'est ».
3. Résultats
3.1 L'aspiration : Becker tient sur le désir
Dans les quatre pays désinstitutionnalisés, l'intérêt déclaré pour le couple croît quand l'horizon raccourcit : 3,9 sur 5 dans le tercile court, 3,4 dans le tercile moyen, 2,9 dans le tercile long. La corrélation entre l'IDC et l'EAF est de −0,38, et elle est du même ordre dans les quatre pays (Belgique −0,41, France −0,39, Suisse −0,36, Québec −0,40). L'item qui contribue le plus à la pente est celui du loyer mutualisé ; celui qui y contribue le moins est celui des enfants, dont le lest ne change pas l'ordre des terciles. La première moitié du falsificateur « L'Indépendance » tient : moins on a d'argent devant soi, plus on veut le couple. Au Sénégal et au Maroc, l'IDC est haut partout — 4,2 et 4,1 — et ne varie pas avec l'horizon (r = −0,12 et −0,15, ns) : il n'y a pas de pente parce qu'il y a un plafond.
3.2 L'accès : Becker tombe sur les faits
Deux ans plus tard, dans les mêmes quatre pays, 14 % du tercile d'horizon court vivent à deux, 21 % du tercile moyen, 27 % du tercile long. La formation d'un couple double presque avec l'autonomie. La seconde moitié du falsificateur tombe, et elle tombe dans le sens de la littérature : l'indépendance ne réduit pas le couple, elle y donne accès. Le falsificateur « L'Indépendance » est donc tombé ; et sa première moitié, qui tient, devient le résultat que personne n'avait mis en face de l'autre : le tercile qui veut le plus est celui qui obtient le moins. Ce n'est pas un paradoxe psychologique ; c'est un prix. Le couple, dans ces quatre pays, est devenu ce que Cherlin décrit pour le mariage — un couronnement, qui se pose sur une stabilité, et non une fondation, qui la produit. Un couronnement a un coût d'entrée. Ceux qui ont l'horizon le plus court ne peuvent pas le payer, et ce sont eux qui en ont le plus envie, précisément parce qu'ils ne peuvent pas le payer : à deux, l'horizon s'allonge. L'aspiration n'est pas irrationnelle. Elle est exacte, et inaccessible.
3.3 Le style
L'aspiration a un style. Les participants au profil anxieux ont l'IDC le plus haut (4,1), les sécures sont au milieu (3,4), les évitants au plus bas (2,6). Les anxieux utilisent les applications de rencontre 2,4 fois plus souvent que les évitants (3,6 contre 1,5 sur l'échelle de fréquence ; sécures 2,3) — la réplication de Chin et collègues est nette. Et deux ans plus tard, ce sont les sécures qui vivent le plus souvent à deux : 26 %, contre 17 % des anxieux et 15 % des évitants. Le profil qui veut le plus n'est pas celui qui obtient le plus ; celui qui obtient le plus est celui qui, au départ, voulait sans urgence.
Croisé avec l'horizon, le style dessine une case. Anxieux et horizon court : IDC 4,4, formation 11 % — le maximum d'aspiration, le minimum d'accès de toute l'étude. Sécure et horizon long : IDC 3,0, formation 31 %. Entre ces deux cases, tout le reste s'ordonne. L'attachement ne remplace pas l'économie ; il la redouble : un style qui a besoin d'être rassuré, avec un horizon qui ne rassure pas, produit l'aspiration la plus forte et la moins servie.
3.4 La voie du hasard
Le falsificateur « L'Application » a suivi le même chemin que le premier. Sa première moitié tient : l'usage des applications croît avec l'intérêt pour le couple (r = 0,44). Sa seconde tombe : les utilisateurs fréquents (4 ou 5 sur l'échelle) forment un couple à 24 mois dans 19 % des cas, les autres dans 20 % — aucune différence. L'aspiration se voit sur l'écran ; elle ne se voit pas dans le logement.
Reste à savoir par où passent les couples qui se forment. Sur les 2 142 couples formés en deux ans dans les six pays, 31 % se sont rencontrés en ligne, 18 % par des amis, 14 % au travail ou dans les études, 21 % dans un lieu public ou une activité, 16 % par le voisinage, la famille ou un voyage. Mais la question qui importe n'est pas où, c'est si c'était cherché. Décomposée en voie cherchée et voie arrivée, dans les quatre pays désinstitutionnalisés, la formation donne ceci. Voie cherchée : 7,5 % du tercile court, 14,4 % du moyen, 20,6 % du long — stratifiée, presque triplée. Voie arrivée : 6,5 %, 6,6 %, 6,4 % — plate, sans différence. La rencontre qu'on n'a pas cherchée forme autant de couples chez les uns que chez les autres. C'est la seule voie d'accès au couple qui ne demande pas de garanties. Et la conséquence se lit dans la part : le tercile d'horizon court doit 46 % de ses couples à l'accident, le tercile moyen 31 %, le tercile long 24 %. Ceux qui ne peuvent pas payer la voie organisée n'ont que l'autre — et l'autre ne les traite pas moins bien.
3.5 Six pays, deux régimes
Au Sénégal, la formation à 24 mois est de 34, 36 et 35 % selon le tercile ; au Maroc, de 31, 33 et 33 %. L'horizon ne trie rien : ΔR² de l'autonomie sur la formation 0,003, non significatif, contre 0,06 dans les quatre autres pays. Le couple y est plus fréquent, plus voulu, et indifférent à l'argent qu'on a devant soi — non pas parce que l'argent n'y compte pas, mais parce que le couple n'y est pas ce qu'on se paie après : il est ce par quoi on commence. Le pattern du luxe n'apparaît que là où le couple a cessé d'être une institution. Là où il est devenu libre, il est devenu cher. L'Institut le note sans nostalgie : une institution qui ne trie pas à l'entrée trie ailleurs, et l'étude ne mesure pas ailleurs.
3.6 Le seul accord
Un item de l'EAF-12 a été coché comme condition du couple — et non comme simple description — par une majorité dans les six pays : « pouvoir me séparer sans devoir changer de logement ». 71 % des femmes, 68 % des hommes, et les six pays entre 64 et 74 %. C'est le seul item de l'étude sur lequel les régimes ne diffèrent pas, et il ne parle pas d'entrer dans le couple : il parle d'en sortir. La question que l'Institut n'a pas posée — qui partirait si l'État garantissait de quoi partir — a donc une réponse partielle, par un autre chemin : les gens ne demandent pas qu'on les fasse partir ; ils demandent que rester ne soit pas la seule option. Ce n'est pas une prédiction sur les séparations. C'est une définition, majoritaire et transnationale, de ce qu'un couple libre veut dire.
« Le couple n'a pas disparu avec la liberté. Il a changé de propriétaire. »
Section 4.14. Discussion
4.1 Le luxe
Un bien de luxe est un bien dont la demande croît avec le revenu et dont l'accès est réservé par le prix ; la particularité du couple est que la demande y croît quand le revenu baisse, et que l'accès y reste réservé par le prix. C'est un luxe à l'envers : voulu par ceux qui ne peuvent pas se le payer, obtenu par ceux qui en ont le moins besoin. Ce renversement n'est pas une anomalie de l'étude, c'est son objet, et il a une histoire. Tant que le couple était une institution, il était le point de départ de la vie adulte : on se mariait pour commencer, et l'on commençait pauvre. Quand la liberté est venue — la contraception, le salaire, le divorce —, elle n'a pas supprimé le couple ; elle en a déplacé la place dans la vie, de la fondation au couronnement. Or un couronnement suppose quelque chose à couronner. Ce que Cherlin a décrit pour le mariage, la présente étude le retrouve pour le couple tout court, deux ans avant le mariage : la stabilité n'est plus ce que le couple produit, c'est ce qu'il exige. Le couple n'a pas disparu avec la liberté. Il a changé de propriétaire.
La Belgique, pays de l'un des six bras de l'étude, a la particularité de rendre le renversement visible dans son droit. Pour les personnes qui vivent d'une allocation, se mettre en couple sous le même toit fait passer au statut de cohabitant, et le montant baisse : le couple coûte. Pour les personnes qui ont deux revenus et se marient, le quotient conjugal réduit l'impôt : le couple rapporte. L'Institut ne juge pas ces règles, qui ont chacune leurs raisons ; il observe que, prises ensemble, elles reproduisent exactement la pente de la planche 95 — le couple est découragé là où il est le plus voulu, encouragé là où il est le moins nécessaire. Il n'affirme pas que le droit produit le résultat ; il note qu'il ne le contrarie pas.
4.2 La liberté et le besoin
L'hypothèse de Becker n'était pas fausse ; elle décrivait le désir et croyait décrire le comportement. La contraception a bien donné aux femmes la maîtrise de la procréation, et cette maîtrise a bien produit le concept de liberté qu'on oppose depuis au modèle structuré, organisé, transmis. Mais la liberté de se passer du couple n'est pas la même chose que les moyens de s'en passer, et l'étude mesure la seconde. Une personne dont l'horizon est de trois semaines est libre de ne pas vivre à deux ; elle n'en a pas les moyens, et son intérêt déclaré pour le couple le dit à sa place. Inversement, une personne dont l'horizon est de quatorze mois a les moyens de vivre seule, et c'est elle qui, deux ans plus tard, vit le plus souvent à deux — parce qu'elle avait aussi les moyens de vivre à deux. La liberté ne réduit pas le couple ; elle en change le sens. Ce n'était pas un abri ; c'est devenu une adresse.
4.3 Le hasard, seul égalitaire
Le résultat le plus modeste de l'étude est celui que ses auteurs tiennent pour le plus important. La rencontre qu'on n'a pas cherchée forme 6,5 % de couples par tercile, dans chaque tercile, sans différence. Tout le reste — l'application, la présentation, l'événement — est stratifié comme le reste de la vie sociale : il faut du temps, de la mobilité, des lieux, et le temps, la mobilité et les lieux se paient. L'accident, lui, ne demande rien. Il ne demande pas non plus d'être attendu : l'étude n°65 avait montré que chercher fait voir, pas venir, et la présente étude le confirme du côté du résultat — l'usage des applications ne change pas la formation, et l'accident ne se produit pas plus chez ceux qui le désirent. C'est pour cela que l'Institut refuse de le convoquer. Le hasard n'est pas une variable ; c'est la seule chose de l'étude qui ne soit pas une variable, et c'est ce qui le rend juste. Le tercile d'horizon court lui doit presque la moitié de ses couples. Ce n'est pas une consolation ; c'est une proportion.
L'Institut ne dit à personne qu'il faut vivre à deux, ni qu'il ne le faut pas. Il ne dit pas que les personnes dont l'horizon est court « ont besoin » du couple au sens où elles seraient moins libres que les autres ; il dit que leur intérêt déclaré est plus élevé, et que leur accès est plus faible, ce qui est une description, pas une prescription. Il ne dit pas qu'un profil d'attachement condamne ou sauve : les profils bougent, et 17 % des anxieux vivent à deux au bout de deux ans, ce qui n'est pas rien. Il ne recommande ni d'utiliser les applications ni de les quitter : elles montrent l'envie, elles ne la trahissent pas. Et il ne dit à aucun participant dans quelle case il se trouvait.
4.4 Ce que le résultat ne dit pas
Il ne dit pas que le couple est une affaire d'argent : la voie arrivée, la seule plate, forme des couples chez tout le monde, et 67 % de la variance de la formation ne s'expliquent par rien de ce que l'étude a mesuré. Il ne dit pas que les sociétés où le couple est resté une institution s'en portent mieux : l'étude mesure l'entrée, pas ce qui suit, ni ce qu'il en coûte de ne pas entrer. Il ne dit pas que les femmes se mettent en couple pour l'argent : la pente de l'aspiration est la même chez les hommes, et la condition de sortie est cochée par les deux. Il ne dit pas que les anxieux aiment mal : ils veulent plus, et c'est tout ce qui a été mesuré. Il ne dit pas qui partirait si partir ne coûtait rien ; il dit que presque tout le monde voudrait que ce soit possible. Et il ne dit rien du patriarcat, dont le nom a été mesuré ailleurs.
5. Limites
L'intérêt pour le couple est déclaré, et le lest de l'item sur les enfants est une décision, pas une mesure. L'horizon est une estimation par le participant de ce qu'il pourrait tenir, et les gens se trompent sur ce qu'ils pourraient tenir — dans les deux sens. Le suivi à 24 mois observe une formation, pas une durée : un couple formé n'est pas un couple qui tient, et l'étude n°65 a rappelé que la vie commune est la marche qui s'effondre. La classification « cherchée / arrivée » est rétrospective, et la mémoire romance : on cherchait peut-être plus qu'on ne le dit, ou moins. La remontée des mariages citée en 1.1 n'a pas été décomposée, et elle ne se lit pas d'un seul tenant : l'année 2024 suit l'effondrement de 2020 (32 779 mariages en Belgique), et une part de la hausse est un rattrapage ; un quart des mariages belges de 2024 unissent deux nationalités différentes et un dixième ont été célébrés à l'étranger, ce qui fait entrer dans le chiffre les nouveaux arrivants et les unions transnationales, dont l'étude ne dit rien. Aucun résultat ne repose sur ce nombre — il sert à établir que le modèle ne disparaît pas, non qu'il revient chez ceux qui l'avaient quitté. Les six pays sont six, pas le monde, et le regroupement en deux régimes est une lecture, que les équipes de Dakar et de Rabat ont validée mais qu'elles n'ont pas proposée. Enfin, l'étude ne peut pas répondre à la question qu'elle a refusée de poser en 2.4, et le falsificateur qui la suivrait — « La Compensation » : une garantie de départ change-t-elle qui reste ? — n'est pas testable par questionnaire ; il faudrait un pays qui l'essaie, et l'Institut n'en connaît pas. Il ne le regrette qu'à moitié.
Approbation éthique. Le Comité a approuvé le protocole au titre de l'article 7, avec quatre exigences : que les terciles soient constitués dans chaque pays séparément ; que les instruments soient traduits et relus par les équipes locales, et non traduits depuis Namur ; qu'aucun score, aucun profil et aucune case ne soit communiqué à un participant ; et que la rencontre ne soit à aucun moment provoquée, suggérée ou surveillée, conformément à la jurisprudence de l'étude n°65.
Consentement. Les 9 600 participants ont consenti à « une étude sur les projets de vie à deux ans », formulation exacte et volontairement plate. Le débriefing a présenté les deux pentes, sans dire à personne sur laquelle il se trouvait.
Contributions. S. Vanderlinden-Steyaert a dirigé l'Observatoire de l'Horizon Court, conçu l'EAF-12 et l'item de l'horizon, et soutient que « combien de mois » est la seule question d'argent qu'on peut poser à quelqu'un sans lui demander son salaire. L. Chauvel-Amrani a dirigé l'Unité du Couronnement et le volet Cherlin, et fait observer que le mot capstone désigne, en architecture, la pierre qu'on pose en dernier et qui ne porte rien. E. Brunner-Kalume a construit le profil d'attachement et rédigé l'encart, en exigeant la phrase « un profil n'est pas un diagnostic » à trois endroits ; elle a obtenu deux. J. Bouchard-Nakashima a dirigé le Service de la Rencontre Non Programmée, conçu la question « cherchée ou arrivée », et refusé toute forme de carnet, de consigne ou d'alerte, en citant l'étude n°65 à chaque réunion. A. Sarr-Mendy et N. El Fassi-Laroui ont dirigé les bras sénégalais et marocain, traduit les instruments, relu chaque phrase qui concerne leurs pays, et demandé que la formule « là où le couple est resté une institution » ne soit jamais suivie d'un jugement, ce qui a été fait. Le Dr K. Osei-Mensah a conduit les modèles, exigé les terciles par pays, et laissé 67 % de variance inexpliquée sans chercher à la réduire : « c'est le hasard, et il n'est pas dans mon modèle parce qu'il n'est dans aucun ». Mme É. Beaumont-Schiavetti a retranscrit les seize items de l'IDC, coché 5 à « avoir quelqu'un à prévenir » et 1 à tous les autres, et demandé si cela faisait un profil ; il lui a été répondu que cela faisait une personne. Le correspondant de l'Institut a exigé que les deux falsificateurs soient testés avant tout autre calcul, leurs moitiés dans l'ordre. Le Conseiller Clinique a fourni le matériau composite de l'annexe D, transposé, et a demandé que l'étude ne dise à aucune personne seule qu'elle devrait cesser de l'être, ni qu'elle devrait s'y résoudre.
Financement. L'Institut. Aucune application de rencontre n'a été sollicitée, ni ne s'est manifestée.
Disponibilité des données. Les trois instruments sont en annexes A, B et C, libres d'usage, à condition que l'IDC-16 soit reproduit avec son item lesté et l'EAF-12 avec son item de l'horizon. Les réponses individuelles ne sont disponibles pour personne, participants compris.
Références
- Becker, G. S. (1981). A Treatise on the Family. Harvard University Press.
- Bourdieu, P. (1979). La Distinction. Critique sociale du jugement. Éditions de Minuit.
- Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, Vol. 1: Attachment. Basic Books.
- Cherlin, A. J. (2004). The deinstitutionalization of American marriage. Journal of Marriage and Family, 66(4), 848-861.
- Chin, K., Edelstein, R. S. et Vernon, P. A. (2019). Attached to dating apps: Attachment orientations and preferences for dating apps. Personality and Individual Differences, 145, 40-46.
- Edin, K. et Kefalas, M. (2005). Promises I Can Keep: Why Poor Women Put Motherhood Before Marriage. University of California Press.
- Hazan, C. et Shaver, P. (1987). Romantic love conceptualized as an attachment process. Journal of Personality and Social Psychology, 52(3), 511-524.
- Insee (2025). Bilan démographique 2024. Mariages et Pacs.
- Institut du Constat Fondamental (2026). L'Anecdote : le hasard ne vieillit pas. Annales du Hasard Ordinaire, 1(1). Étude n°65.
- Institut du Constat Fondamental (2026). La Déclaration. Annales du Statut Relationnel, 1(1). Étude n°71.
- Oppenheimer, V. K. (1997). Women's employment and the gain to marriage: The specialization and trading model. Annual Review of Sociology, 23, 431-453.
- Rosenfeld, M. J., Thomas, R. J. et Hausen, S. (2019). Disintermediating your friends: How online dating in the United States displaces other ways of meeting. Proceedings of the National Academy of Sciences, 116(36), 17753-17758.
- Statbel (2026). Mariages et divorces 2024 ; déclarations de cohabitation légale 2024.
- Xie, Y., Raymo, J. M., Goyette, K. et Thornton, A. (2003). Economic potential and entry into marriage and cohabitation. Demography, 40(2), 351-367.
Annexe A — L'IDC-16, Intérêt Déclaré pour le Couple
Accord de 1 (pas du tout) à 5 (tout à fait). L'item 1 est lesté : une réponse de 5 vaut 10. Reproduction libre, à condition de conserver le lest.
| # | Item |
|---|---|
| 1 | J'ai envie d'avoir des enfants et de fonder une famille. (lesté) |
| 2 | J'ai envie de partager mon quotidien avec une seule personne. |
| 3 | J'ai envie de dormir à deux plus souvent que seul(e). |
| 4 | J'aimerais avoir quelqu'un à prévenir quand je rentre tard. |
| 5 | J'aimerais être présenté(e) — à des amis, à une famille. |
| 6 | J'aimerais vieillir avec quelqu'un. |
| 7 | Je préférerais partager un loyer plutôt que le payer seul(e). |
| 8 | J'aimerais que quelqu'un sache où je suis. |
| 9 | J'aimerais partir en vacances à deux. |
| 10 | J'aimerais avoir quelqu'un avec qui décider des choses. |
| 11 | Je me sens moins moi-même quand je suis seul(e) longtemps. |
| 12 | J'aimerais que mes parents me sachent en couple. |
| 13 | Je préférerais tomber malade à deux que seul(e). |
| 14 | J'aimerais qu'on m'attende quelque part. |
| 15 | Je voudrais construire quelque chose qui ne soit pas qu'à moi. |
| 16 | Si je rencontrais la bonne personne, je changerais de ville. |
| 17 | À part : À quelle fréquence utilisez-vous une application de rencontre ? — 1 jamais · 2 quelques fois par an · 3 quelques fois par mois · 4 quelques fois par semaine · 5 tous les jours. |
Tableau A. L'IDC-16 et son item à part. L'item 7 est celui qui contribue le plus à la pente de la planche 95.
Annexe B — L'EAF-12, Échelle d'Autonomie Financière
L'item 1 est l'horizon, en mois ; les autres en accord de 1 à 5. Aucun item ne demande un montant.
| # | Item |
|---|---|
| 1 | Si tous vos revenus s'arrêtaient demain, combien de mois pourriez-vous tenir sans rien changer à votre logement ? (l'horizon) |
| 2 | Je pourrais refuser un emploi qui ne me convient pas. |
| 3 | Je pourrais déménager dans les trois mois si je le décidais. |
| 4 | Je n'ai pas besoin de l'aide de ma famille pour finir le mois. |
| 5 | Je pourrais faire face à une dépense imprévue d'un mois de loyer. |
| 6 | Je n'ai pas de découvert en fin de mois. |
| 7 | Je pourrais me séparer de quelqu'un sans devoir changer de logement. |
| 8 | Je pourrais vivre seul(e) à mon niveau de vie actuel. |
| 9 | Je pourrais prendre trois mois sans travailler. |
| 10 | Je pourrais aider quelqu'un financièrement sans me mettre en difficulté. |
| 11 | Mon logement est à mon nom, ou pourrait l'être. |
| 12 | Je ne compte pas sur un(e) partenaire pour améliorer ma situation financière. |
Tableau B. L'EAF-12. L'item 7, coché comme condition du couple, est le seul accord des six pays (3.6).
Annexe C — Le profil d'attachement
Douze items en accord de 1 à 5, quatre par profil, présentés dans un ordre mêlé. Le profil attribué est celui dont la moyenne est la plus haute ; en cas d'égalité, le participant est classé sécure. Un profil n'est pas un diagnostic.
| Profil | Items |
|---|---|
| Sécure | Je trouve facile de me rapprocher des autres. · Je ne m'inquiète pas d'être abandonné(e). · Je suis à l'aise quand quelqu'un dépend de moi. · Je peux être proche de quelqu'un sans me demander ce qu'il pense de moi. |
| Anxieux-préoccupé | J'ai souvent peur que l'autre ne tienne pas autant à moi que moi à lui. · J'ai besoin qu'on me rassure souvent. · Je voudrais être plus proche que l'autre ne le souhaite. · Quand on ne me répond pas, j'imagine le pire. |
| Évitant | Je suis mal à l'aise quand on se rapproche trop. · Je préfère ne dépendre de personne. · Je garde mes sentiments pour moi. · Quand quelqu'un compte sur moi, j'ai envie de prendre l'air. |
Tableau C. Le profil d'attachement, d'après les descriptions de Hazan et Shaver (1987). Répartition dans l'échantillon : 54 / 22 / 24 %.
Annexe D — Trois récits
Trois participants ont demandé par écrit à connaître leurs propres réponses après le débriefing. Détails modifiés, séquences conservées, aucun n'est identifiable, aucun n'est jugé.
« J'ai vu mon score et j'ai ri, parce que c'était exactement ça. Le loyer, j'avais mis 5. Les enfants, j'avais mis 5. Dormir à deux, 5. Et à côté, mon horizon : trois semaines. [question d'un des chercheurs : ça vous a gênée ?] Non. Ça m'a gênée qu'on puisse le lire dans un questionnaire, mais pas que ce soit vrai. Je ne cherchais pas quelqu'un pour payer le loyer. Je cherchais quelqu'un, et le loyer était dans le mot quelqu'un. C'est différent. Vous n'avez pas d'item pour ça. »
« Deux ans. Je ne sais pas combien de conversations. Beaucoup de rendez-vous, aucun deuxième rendez-vous qui ait tenu. Quand j'ai vu que les utilisateurs comme moi ne vivaient pas plus souvent à deux que les autres, ma première réaction a été de me dire que je m'y prenais mal. [question d'un des chercheurs : et la seconde ?] Que je ne m'y prenais pas mal. Que je m'y prenais beaucoup. Ce n'est pas la même chose, et l'application ne fait pas la différence — elle compte les fois. Moi aussi je comptais les fois. »
« Je n'étais sur aucune application, je ne cherchais rien, j'avais mis 2 presque partout. On s'est rencontrés parce qu'elle s'est trompée d'étage. Quand j'ai vu que ma case — long, arrivée — était la même proportion que la case de ceux qui ont trois semaines devant eux, j'ai trouvé ça juste. [question d'un des chercheurs : juste comment ?] Juste au sens où pour une fois ce n'est pas moi qui avais l'avantage. Elle s'est trompée d'étage. Ça n'a pas de prix, et c'est le seul truc de votre étude qui n'en a pas. »